Agir au niveau mondial pour lutter contre le trogoderme dans les conteneurs maritimes

Posted on ven, 01 Jan 2021, 09:08

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Larves et exuvies de trogoderme sous le plancher d'un conteneur

Rome, 30 décembre 2020 – Le trogoderme (Trogoderma granarium) constitue une menace permanente pour le secteur agricole, même dans les pays dotés de solides systèmes de sécurité biologique. Cette menace est particulièrement élevée puisqu'un seul conteneur maritime suffit pour introduire cet organisme nuisible, qui est l'un des plus néfastes pour les céréales ensilées.

Plusieurs pays, dont l'Australie, ont récemment observé que d'importantes populations de trogodermes survivaient dans des conteneurs maritimes. Les premiers traçages effectués par les autorités indiquent que la contamination des conteneurs s'est produite quelques années avant la détection, suite à l'importation de produits végétaux infestés depuis un pays où l'organisme nuisible était présent.

Plusieurs études scientifiques indiquent que le trogoderme peut survivre jusqu'à 6 ans dans les conteneurs. De par sa petite taille, sa capacité à survivre sans nourriture pendant de longues périodes et sa propension à se loger dans les crevasses, le trogoderme et ses larves peuvent passer inaperçus sous le plancher et dans les fissures et crevasses des conteneurs de transport. Les restes de céréales et autres résidus présents dans les conteneurs peuvent constituer une source de nourriture pour le trogoderme, entraînant une sortie de la diapause et une réactivation du développement des larves. Lorsque les conditions sont favorables, les populations de trogodermes peuvent croître rapidement et infester les marchandises, y compris les marchandises «non hôtes» présentes dans les conteneurs.

Il est probable que de nombreux conteneurs contaminés continueront à être utilisés dans les échanges commerciaux sans que le trogoderme ne soit détecté. Au moment où la contamination est détectée, les marchandises infestées ont souvent été déballées et introduites dans la chaîne de distribution, et peuvent déjà se trouver dans les foyers des consommateurs. Les engins utilisés pour manipuler les conteneurs et les marchandises contaminées peuvent également être infestés, tout comme les installations de stockage. Il existe également le risque de voir un conteneur contaminé rechargé et reconvoyé dans le pays ou à l'étranger. Lorsqu'un pays exporte des marchandises contaminées, cela peut entraver son accès au marché et remettre en question la situation du trogoderme dans le pays concerné.

«Avec quelque 200 millions de conteneurs qui transitent chaque année dans le monde, le risque de dissémination du trogoderme due aux déplacements de conteneurs est bien réel et ne cesse de croître. Tout l'enjeu consiste à identifier les conteneurs qui ont transporté ces dernières années des marchandises contaminées depuis des pays touchés par le trogoderme. Les organisations nationales de la protection des végétaux (ONPV) et les acteurs du secteur privé doivent agir immédiatement et de façon concertée pour enrayer ce nouveau risque posé par les conteneurs maritimes», a déclaré un porte-parole du Ministère australien de l'agriculture, de l'eau et de l'environnement.

Que peut-on faire pour réduire le risque de voir le trogoderme convoyé par les conteneurs maritimes? La réponse est double: 1) prévenir la contamination des conteneurs maritimes, et 2) traiter les conteneurs contaminés. Afin de prévenir toute nouvelle contamination, il importe de s'assurer que les marchandises et les lieux de chargement sont exempts de trogoderme et que les marchandises sont chargées dans des conteneurs propres. Étant donné que les inspections ne permettent pas de détecter les conteneurs contaminés, il est recommandé de traiter dans la mesure du possible les conteneurs avant le chargement des marchandises. Il est important d'utiliser un traitement qui pénètre dans les joints et les cavités du plancher, car le trogoderme se loge dans les fissures, crevasses et cavités présentes sous le plancher des conteneurs.

Dans un premier temps, l'Australie mettra en œuvre début 2021 des mesures d'urgence pour lutter contre le risque d'entrée, d'établissement et de dissémination du trogoderme (G/SPS/N/AUS/502/Add.3). Néanmoins, compte tenu de la complexité du problème et de sa nature mondiale, une action internationale et coordonnée entre les ONPV et le secteur privé doit être mise en place, notamment en ce qui concerne l'identification des conteneurs contaminés, afin d'assurer le succès des mesures. Cette situation rappelle la nécessité de lutter contre les organismes nuisibles contaminants déplacés dans le cadre du commerce, comme cela a été souligné dans le projet de recommandation de la CMP en 2019. Si vous souhaitez partager des solutions pouvant aider à résoudre cette question complexe, merci d'écrire au Secrétariat de l'Équipe spéciale sur les conteneurs maritimes de la CIPV (M. Artur Shamilov, [email protected]). Pour de plus amples renseignements, voir la page de l'Équipe spéciale sur les conteneurs maritimes.

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