Posted on ven, 19 Déc 2025, 14:01
© FAO/Cristina Arancibia
Santiago (Chili), 15 décembre 2025 – La Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV) et ses acteurs ont conclu avec succès l’atelier mondial de la CIPV sur les approches systémiques, tenu du 1er au 4 décembre 2025, avec pour but de partager les expériences, de clarifier les concepts et de renforcer la collaboration. L’approche systémique est un concept appliqué au commerce international des végétaux et des produits végétaux, qui repose sur une combinaison de différentes mesures visant à protéger les végétaux contre les organismes nuisibles et à garantir l’innocuité du commerce de produits tels que les fruits, les légumes et les céréales.
L’atelier visait à améliorer la compréhension et à renforcer la mise en œuvre des normes internationales pour les mesures phytosanitaires (NIMP), qui jouent un rôle essentiel pour harmoniser les pratiques phytosanitaires à l’échelle mondiale et favoriser l’innocuité du commerce agricole. L’événement a réuni 100 participants issus de 48 organisations nationales de la protection des végétaux (ONPV), de deux organisations régionales de la protection des végétaux, du secteur privé et d’organisations internationales, et a donné lieu à la présentation de plus de 20 études de cas.
Les participants ont pris part à des discussions approfondies, à des travaux de groupe et à des échanges d’expériences afin de parvenir à une compréhension commune, en particulier de la NIMP n° 14, qui décrit l’utilisation de mesures intégrées dans le cadre d’une approche systémique de la gestion du risque phytosanitaire, ainsi que l’utilisation des outils pour l’évaluation de l’approche systémique de la CIPV.
L’atelier a permis aux ONPV de partager leurs expériences en matière de mise en œuvre et de gestion des approches systémiques, dans une diversité de contextes, en mettant en évidence l’importance d’outils fondés sur des données probantes. L’atelier a également permis de clarifier les concepts relatifs aux normes et directives de la CIPV et de déterminer si les NIMP et directives existantes devaient être mises à jour ou révisées.
La rencontre visait aussi à renforcer la coordination entre la CIPV et les ONPV afin d’assurer une compréhension commune des approches systémiques et des moyens de promouvoir ce concept auprès du secteur privé, en vue de garantir la mobilisation cohérente et inclusive des parties prenantes. En outre, les participants ont pris part à une visite de terrain organisée par Frutas de Chile en marge de l’atelier dans une exploitation de cerises, afin de mieux comprendre les approches systémiques mises en œuvre dans la pratique.

© FAO/Cristina Arancibia
L’approche systémique comme outil de réalisation des objectifs de développement durable (ODD)
À travers le prisme de l’interconnexion, l’approche systémique met l’accent sur les synergies entre les dimensions sociale, économique et environnementale de la protection des végétaux, en veillant à ce que les actions menées dans un domaine renforcent les progrès réalisés dans les autres. Lorsqu’une approche systémique est appliquée à la gestion du risque phytosanitaire dans une NIMP, telle que la NIMP n° 14, elle génère un effet d’entraînement qui encourage une approche intégrée dans les autres NIMP, favorisant ainsi un cadre cohérent de gestion du risque phytosanitaire au niveau international.
Dans le cadre du commerce international de végétaux et de produits végétaux, l’approche systémique adopte une vision globale et prend en compte les effets sur la biodiversité, la stabilité des approvisionnements alimentaires mondiaux, la fluidité du commerce international ainsi que la résilience des économies et des moyens de subsistance, autant d’objectifs de développement durable que la CIPV s’emploie à atteindre.
L’importance de l’approche systémique a été mise en évidence par la présence et la participation de la Ministre de l’agriculture du Chili, Ignacia Fernandez Gatica, et du Sous-Directeur général de la FAO pour l’Amérique latine et les Caraïbes, Rene Orellana.
«Le Chili s’est forgé, avec une grande détermination, une réputation et une marque de référence fondées sur la sécurité, la traçabilité et les normes phytosanitaires, grâce au travail du Service de l’agriculture et de l’élevage du Chili (SAG Chile)», a déclaré Mme Gatica. «Notre pays exporte la confiance, et le rôle que nous jouons en tant que pays hôte de cette réunion internationale en est une preuve supplémentaire», a-t-elle ajouté.
«L’atelier mondial de la CIPV est essentiel pour renforcer l’approche systémique, un outil clé pour gérer les risques phytosanitaires dans le commerce international de végétaux et produits végétaux. Dans un monde où les végétaux fournissent 80 pour cent des calories que nous consommons et 98 pour cent de l’oxygène que nous respirons, faire progresser les approches intégrées n’est pas seulement une nécessité technique, mais une priorité mondiale afin de protéger la santé des végétaux et de garantir l’innocuité et la durabilité du commerce agricole», a expliqué, pour sa part, M. Orellana
Le Secrétaire de la CIPV, Enrico Perotti, a souligné lui aussi l’importance de l’atelier: «Il s’agit d’une étape décisive vers l’harmonisation des mesures phytosanitaires à l’échelle mondiale. À travers cet atelier, la CIPV montre la voie afin que les pays du monde entier aient une compréhension commune des lignes directrices de la NIMP n° 14 et des modalités de leur mise en œuvre optimale pour préserver la sécurité alimentaire, protéger l’environnement et favoriser l’innocuité du commerce agricole. En faisant progresser les approches systémiques, nous donnons aux pays les moyens de préserver la santé des végétaux tout en facilitant un commerce sûr, durable et moins restrictif.»

De gauche à droite: Sam Bishop, Président de la CMP; Enrico Perotti, Secrétaire de la CIPV; Rene Orellana, Sous-Directeur général de la FAO; Ignacia Fernandez Gatica, Ministre de l’agriculture du Chili; José Urdaz, de l’IICA; Marco Munoz Fuenzalida, de SAG Chile; et Agustin Giudice, Président de la COSAVE. © FAO/Cristina Arancibia
Prochaines étapes
Les participants ont formulé des recommandations visant à améliorer la compréhension et la mise en œuvre de l’approche systémique, notamment:
Le Secrétariat de la CIPV, en collaboration avec le Bureau de la CMP, rédigera un document à l’intention de la CMP-20 sur la base des recommandations issues de l’atelier, afin de favoriser la coopération internationale et le renforcement des capacités.
L’atelier a été organisé conjointement par la CIPV, l’Institut interaméricain de coopération pour l’agriculture (IICA), le Service de l’agriculture et de l’élevage du Chili (SAG Chile) et le Comité de santé végétale du Cône Sud (COSAVE), avec un financement du Gouvernement du Canada, du Département de l’agriculture des États-Unis et du Ministère de l’agriculture, de la pêche et des forêts de l’Australie.
Informations connexes:
Page web sur l’approche systémique de la CIPV