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L’évaluation des capacités phytosanitaires dirigée par la CIPV renforce la capacité des pays à lutter contre les organismes nuisibles aux végétaux

Posted on ven, 22 Déc 2023, 12:50

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Les organismes nuisibles aux végétaux constituent depuis des siècles l’une des principales menaces pour la production agricole durable, la productivité agricole, la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance de millions de personnes. Aujourd’hui, le problème posé par les organismes nuisibles est tout aussi dévastateur, voire pire, en partie à cause de phénomènes mondiaux tels que les changements climatiques. Le réchauffement des températures et l’irrégularité des précipitations obligent les organismes nuisibles à migrer vers de nouvelles zones et entraînent une augmentation de leurs populations. En Afrique, les apparitions d’organismes nuisibles se multiplient, avec l’émergence de nouveaux ravageurs tels que la chenille légionnaire d’automne. On estime que les pertes de rendement annuelles dues à cet organisme nuisible en Afrique s’élèvent à 9,4 milliards d’USD. Pour lutter contre la chenille légionnaire d’automne et les autres organismes nuisibles qui détruisent les cultures et nuisent au commerce international, les pays ont besoin de systèmes phytosanitaires solides, efficaces et fonctionnels, dotés de ressources humaines suffisantes permettant de prévenir et de gérer les organismes nuisibles.

Néanmoins, la faible capacité des infrastructures phytosanitaires et de diagnostic est l’une des faiblesses du secteur phytosanitaire en Afrique, comme l’indique la Stratégie phytosanitaire pour l’Afrique de l’Union africaine (UA). Par conséquent, la coordination des questions de santé végétale et des activités phytosanitaires aux niveaux national, régional et continental s’en trouve limitée. La capacité des États membres de l’UA et de la coopération économique régionale à relever les nouveaux défis dans le domaine phytosanitaire est faible, notamment en ce qui concerne l’utilisation des technologies modernes et des bonnes pratiques pour prévenir et lutter contre les apparitions d’organismes nuisibles.

Grâce à la coordination assurée par le Secrétariat de la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV) et au financement accordé par l’Union européenne, neuf pays africains ont pu bénéficier d’une importante assistance technique destinée à revoir et à moderniser leurs systèmes phytosanitaires nationaux, en procédant à des évaluations approfondies de leurs capacités phytosanitaires (ECP). Djibouti, Eswatini, le Kenya, le Malawi, Maurice, le Rwanda, les Seychelles, la Zambie et le Zimbabwe ont obtenu des résultats positifs depuis qu’ils ont commencé à mener des ECP et à bénéficier d’une assistance technique dans le cadre d’un projet mené par la CIPV visant à renforcer les capacités phytosanitaires en Afrique.

Le projet s’appuie également sur l’expertise technique de la Division des systèmes alimentaires et de la sécurité sanitaire des aliments de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui a supervisé la mise en œuvre de huit évaluations de la sécurité sanitaire des aliments. Couplées aux ECP, ces évaluations ont permis d’apporter des changements significatifs dans les pays participant au projet. Ces outils permettent aux pays d’identifier les goulets d’étranglement dans leurs systèmes phytosanitaires nationaux et d’élaborer ensuite des plans pour y remédier et mettre en place des capacités phytosanitaires solides et fiables, renforcer la gouvernance et améliorer la planification stratégique dans le domaine phytosanitaire et de la sécurité sanitaire des aliments.

En disposant de capacités et d’infrastructures phytosanitaires adéquates et fiables, les pays sont en mesure de respecter leurs obligations internationales, comme l’obligation nationale de communication d’informations au titre de la CIPV. En rendant compte de la situation des organismes nuisibles et de la protection des végétaux, les pays peuvent améliorer leurs systèmes de réglementation commerciale, élargir leur potentiel d’exportation, notamment pour les produits agricoles, et renforcer la sécurité alimentaire.

Traitement de la question des capacités phytosanitaires dans l’ECP L’évaluation des systèmes phytosanitaires d’un pays est la première étape pour comprendre les défis phytosanitaires et déterminer la meilleure façon de protéger les végétaux contre les organismes nuisibles et de soutenir le commerce international de végétaux et produits végétaux. L’ECP est l’un des outils les mieux adaptés à une telle évaluation, car elle donne un aperçu des capacités phytosanitaires d’un pays à un instant T et fournit par conséquent une base pour planifier le renforcement des capacités phytosanitaires. Une ECP comprend des modules sur les questions phytosanitaires que les pays peuvent mettre en œuvre à différents stades en vue de déterminer les lacunes de leurs systèmes phytosanitaires nationaux et les moyens de les améliorer.

Les pays mettent en œuvre le processus d’ECP via leur organisation nationale de la protection des végétaux (ONPV) et bénéficient de l’assistance technique du Secrétariat de la CIPV par l’intermédiaire d’un facilitateur ECP certifié par la CIPV.

La CIPV a mené les ECP dans le cadre d’une série de trois ateliers organisés dans chacun des neuf pays participants. Pendant ces ateliers, les acteurs du secteur phytosanitaire, notamment le personnel des ONPV, les agents des douanes, des représentants des ministères de l’agriculture, de l’environnement et du commerce, des producteurs, des importateurs et des universitaires, ont évalué les systèmes phytosanitaires de leur pays et ont recensé les lacunes en matière de capacité et d’infrastructure. Afin de déterminer les domaines qui nécessitent une attention particulière, les pays peuvent choisir parmi un menu de 13 modules, disponibles en ligne, portant sur différentes questions phytosanitaires. Les questions comprenaient l’examen de la législation phytosanitaire nationale, la structure et les processus de l’ONPV, la capacité de diagnostic des organismes nuisibles, la capacité de surveillance et de signalement des organismes nuisibles, le système de réglementation phytosanitaire à l’importation, l’analyse du risque phytosanitaire et la certification à l’exportation.

Les pays peuvent alors classer par ordre de priorité les principales questions à traiter par les autorités, élaborer des plans stratégiques assortis de feuilles de route claires pour remédier aux lacunes constatées et mettre au point des interventions fondées sur des informations fiables et vérifiées à propos de leurs systèmes phytosanitaires. Par conséquent, l’un des avantages de l’ECP est qu’elle permet aux pays d’appliquer une approche harmonisée afin de déterminer les difficultés en matière de capacités phytosanitaires et de formuler des recommandations en vue de remédier à ces difficultés. Une approche commune permet de renforcer la collaboration internationale en matière phytosanitaire, d’améliorer le commerce mondial dans la mesure où les pays suivent des processus similaires, et d’accéder à davantage de débouchés commerciaux. L’utilisation d’approches harmonisées favorise l’adoption des normes internationales pour les mesures phytosanitaires (NIMP) car les pays suivent des procédures harmonisées qui garantissent l’équité dans le commerce. Grâce aux résultats d’une ECP, les pays peuvent également revoir leurs budgets nationaux, garantir l’allocation de fonds adéquats aux activités phytosanitaires ou élaborer des plans pour générer ou obtenir des ressources financières et techniques supplémentaires.

«L’ECP est un outil essentiel pour aider les pays à renforcer leurs capacités techniques et leurs infrastructures en vue de préserver la santé des végétaux», a déclaré le Secrétaire de la CIPV, M. Osama El-Lissy. «Face à la prolifération des organismes nuisibles aux végétaux dans le monde et à des facteurs aggravants comme les changements climatiques, la CIPV encourage vivement les pays à effectuer une ECP et à procéder à des évaluations honnêtes qui les protégeront à terme contre les effets dévastateurs des organismes nuisibles», a-t-il ajouté.

Plus de 80 pays ont réalisé une ECP et nombre d’entre eux ont répété le processus à plusieurs reprises. Actuellement, le Secrétariat de la CIPV aide les neuf pays africains participants à conclure les dernières phases de leurs ECP.

Informations connexes

Site web de la CIPV: Évaluation des capacités phytosanitaires (ECP)

Fiche d’information: Évaluation des capacités phytosanitaires (ECP)

Site web de la CIPV: Stratégie d’évaluation des capacités phytosanitaires pour 2020-2030

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