Posted on dim, 31 Mai 2026, 08:55
Membres du Comité chargé de la mise en œuvre et du renforcement des capacités et personnel de l’Unité de la facilitation et de la mise en œuvre du Secrétariat de la CIPV. © FAO/Olivetta Caravita di Toritto
Rome, 28 mai 2026 – L’innovation en matière de santé végétale est souvent associée à l’intelligence artificielle, aux systèmes de certification numérique ou aux technologies de surveillance de pointe. Néanmoins, les discussions tenues lors de la réunion de mai 2026 du Comité chargé de la mise en œuvre et du renforcement des capacités de la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV) ont mis en évidence une vision plus large. L’innovation ne se limite pas aux nouvelles technologies: elle concerne aussi la façon dont les pays coopèrent, renforcent leurs capacités et transposent les normes mondiales en actions concrètes.
Lors de la réunion, tenue du 18 au 22 mai 2026 au siège de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), à Rome, les membres entrants et sortants du Comité, des experts techniques, des représentants d’organisations régionales et des partenaires de développement ont examiné les défis complexes et en constante évolution qui compromettent la capacité des systèmes nationaux de protection des végétaux à mettre en œuvre efficacement les normes phytosanitaires internationales, ainsi que les solutions concrètes que peuvent apporter les stratégies innovantes, une collaboration solide et les nouvelles technologies.
L’appui apporté aux pays pour mettre en œuvre les normes relatives à la santé des végétaux est coordonné par l’Unité de la facilitation et de la mise en œuvre du Secrétariat de la CIPV. Cette unité appuie également la mise en œuvre de cinq des huit éléments du Programme de développement du Cadre stratégique de la CIPV 2020-2030. Pendant la réunion, l’Unité de la facilitation et de la mise en œuvre a fait le point sur les travaux qu’elle mène dans ces domaines prioritaires, notamment l’appui aux systèmes d’alerte et d’intervention en cas d’apparition de foyers d’organismes nuisibles (SAIFON), la solution ePhyto de la CIPV, le Campus de la CIPV sur la santé végétale, les activités relatives aux changements climatiques, les projets de renforcement des capacités phytosanitaires et les initiatives d’appui à la mise en œuvre.
Soulignant que l’innovation doit être envisagée au-delà de sa seule dimension technologique, les participants ont insisté sur la nécessité, pour les pays, de mettre au point des solutions évolutives, accessibles et adaptables afin de remédier au manque de ressources, aux contraintes de personnel et à l’accès limité aux outils numériques.
La réunion comprenait également un volet en ligne sur le thème «L’innovation dans le renforcement des capacités phytosanitaires», au cours duquel des organisations telles que le Fonds pour l’application des normes et le développement du commerce (STDF), le Comité de Liaison Entrepreneuriat-Agriculture-Développement (COLEAD), la Banque mondiale, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), le CABI et TradeMark Africa, entre autres, ont partagé leurs expériences en matière de transformation numérique, de surveillance, de formation et de facilitation des échanges.
Le Comité chargé de la mise en œuvre et du renforcement des capacités, moteur du renforcement des systèmes phytosanitaires
Les discussions ont mis en évidence l’influence croissante du Comité dans la mise en œuvre et le renforcement des capacités, dont l’action porte sur les politiques, l’appui technique, la formation et le soutien opérationnel. L’élargissement du rôle stratégique aide les pays à appréhender des questions complexes telles que les changements climatiques, les organismes nuisibles d’apparition récente, les filières d’introduction d’organismes nuisibles liées au commerce électronique, la certification électronique et les approches systémiques appliquées au commerce.
Les participants ont observé que les difficultés de mise en œuvre tiennent moins à un manque d’orientations qu’à la difficulté de traduire les conseils techniques en actions efficaces sur le terrain. Pour relever ces défis, le Comité renforce les liens entre l’établissement des normes, les orientations relatives à la mise en œuvre, les outils d’apprentissage en ligne et les expériences pratiques menées sur le terrain.
Le développement constant du Campus de la CIPV sur la santé végétale, dont la version espagnole sera lancée dans les prochaines semaines, s’inscrit dans cette démarche. Le Campus continue de susciter un vif intérêt, notamment ses cours consacrés à la préparation aux situations d’urgence, à l’intervention contre les organismes nuisibles et aux exercices de simulation. Il est aussi de plus en plus utilisé par les universités et les autorités nationales dans le cadre de la formation professionnelle.
Enfin, les participants ont souligné que le Comité chargé de la mise en œuvre et du renforcement des capacités n’est pas seulement un comité technique: il constitue également une plateforme qui permet d’articuler les normes, la mise en œuvre, les partenariats et le renforcement des capacités au sein d’un système phytosanitaire mondial plus cohérent.