La gestion phytosanitaire, facteur essentiel pour atténuer les changements climatiques

Publié on ven, 29 Jan 2016, 17:26

Le 3ème Séminaire de la CIPV sur la santé des végétaux et les changements climatiques s’est tenu au Siège de la FAO le 27 janvier. Présidé par le secrétaire de la CIPV, M. Xia Jingyuan, le séminaire a attiré plus de 80 participants, notamment des représentants des ambassades d’Afrique du Sud, de Chine et de France. Ont également assisté à la rencontre, par visioconférence, des représentants d’Argentine, du Canada, de Côte-d’Ivoire, d’Égypte, des États-Unis d’Amérique, etc. Trois orateurs de renommée internationale ont pris la parole : Son Excellence M. Serge Tomasi (Ambassadeur de France auprès des institutions de l’ONU à Rome) a présenté les résultats et les conséquences de la COP21 sur les changements climatiques ; M. Martin Frick (Directeur de la Division du climat, de l’énergie et des régimes fonciers à la FAO) a évoqué les implications de cet accord sur l’agriculture et M. Xia Jingyuan a parlé de l’importance de la santé des végétaux pour atténuer les changements climatiques.

M. Tomasi a souligné que l’accord de Paris est un succès car c’est la première fois qu’un accord universel est adopté sur les changements climatiques, alimenté par les contributions de 187 pays. Il s’agit d’un accord ambitieux, juridiquement contraignant, inclusif et équilibré. L’accord affirme l’obligation de soutenir les pays en développement dans leurs efforts visant à réduire les émissions et à s’adapter aux changements climatiques. L’accord de Paris n’est pas un texte définitif, sinon un point de départ, ou encore un tournant, pour lutter contre les changements climatiques, notamment en ce qui concerne l’agriculture.

M. Frick a souligné le fait que l’agriculture est extrêmement vulnérable aux changements climatiques et que, d’après le 5ème rapport d’évaluation du GIEC, les rendements agricoles mondiaux pourraient décroître de 10 à 25 %, voire plus, à l’horizon 2050. Près de 80 % des populations pauvres de la planète vivent dans des zones rurales et tirent des revenus de l’agriculture, si bien que leurs moyens de subsistance et leur sécurité alimentaire sont étroitement liés à la productivité – et à la résilience – de l’agriculture. Pour nombre d’habitants parmi les plus pauvres de la planète, s’adapter aux changements climatiques signifie garantir leur sécurité alimentaire. Les changements climatiques risquent de nuire non seulement aux ODD 1 et 2, mais aussi à l’ensemble du programme de développement durable à l’horizon 2030. L’alimentation est le besoin le plus fondamental et est une condition préalable au développement social et économique. L’agriculture, principal employeur de la planète, est menacée par les changements climatiques.

Mr. Xia a souligné de son côté les importantes répercussions des changements climatiques sur la santé des végétaux. Il a illustré son propos avec plusieurs exemples pour lesquels la distribution et l’impact des organismes nuisibles ont empiré sous l’effet des changements climatiques. Les pays doivent impérativement gérer les risques liés aux organismes nuisibles afin de protéger l’environnement et garantir la sécurité alimentaire et l’accès aux marchés. La CIPV constitue une plateforme mondiale regroupant 182 parties contractantes permettant de trouver des consensus, notamment sur la lutte contre les changements climatiques. Les pays doivent garantir la bonne gouvernance en révisant la réglementation et la législation – ou en adoptant de nouveaux textes si nécessaire –, en ayant recours aux technologies – existantes ou nouvelles –, en sensibilisant davantage aux défis et aux solutions par le biais de programmes de communication structurés et coordonnés et en renforçant la coopération internationale dans le cadre de la CIPV. Le renforcement des capacités, l’amélioration des infrastructures, la durabilité du soutien humain et financier, l’élaboration de stratégies nationales et internationales établissant des priorités et leur mise en œuvre sont autant d’éléments essentiels pour garantir le succès de la lutte contre les changements climatiques. De par son mandat, la CIPV aborde tous ces domaines dans le cadre de ces activités liées à l’analyse du risque phytosanitaire et au transport international des végétaux et des produits végétaux. Si la lutte contre les changements climatiques est présente de manière implicite dans une grande partie des activités de la CIPV (normalisation et renforcement des capacités, par exemple), beaucoup reste à faire en termes de mise en œuvre pour atténuer les changements climatiques.

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