Posted on jeu, 02 Avr 2026, 07:28
© FAO/Madelene Cronje
Rome, 31 mars 2026 – La mise en œuvre et le renforcement des capacités, qui permettent aux parties contractantes d’appliquer efficacement les normes internationales pour les mesures phytosanitaires (NIMP), ont, une fois de plus, été érigés en piliers fondamentaux de la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV). Lors de la vingtième session de la Commission des mesures phytosanitaires (CMP-20), en mars, les délégués ont salué les travaux menés par le Comité chargé de la mise en œuvre et du renforcement des capacités et l’Unité de la facilitation et de la mise en œuvre de la CIPV en vue d’accroître la production de ressources sur la mise en œuvre et le renforcement des capacités, ainsi que l’accès à ces ressources. La CMP a souligné combien les orientations techniques, les ressources de formation et l’appui ciblé en faveur des projets renforcent les systèmes phytosanitaires nationaux et améliorent la capacité des pays à s’acquitter de leurs obligations au titre de la CIPV.
La CMP a pris acte du développement rapide du Campus de la CIPV sur la santé végétale ainsi que du besoin croissant de faciliter l’accès aux outils d’apprentissage afin d’appuyer la mise en œuvre. Inauguré lors de la CMP-19 en 2025, le Campus propose gratuitement des cours en ligne, des guides et des ressources techniques sur diverses questions phytosanitaires. À ce jour, la plateforme a été utilisée par plus de 25 000 apprenants, originaires en majorité d’Afrique (48 pour cent) et d’Asie (29 pour cent), ce qui met en évidence sa pertinence à l’échelle mondiale. Le Campus propose actuellement 14 cours en ligne et 25 guides pratiques en anglais, et est également disponible en français. La version espagnole devrait être mise en service prochainement. De nouveaux cours ont aussi été publiés en arabe et en russe. Afin d’élargir l’offre linguistique, le Secrétariat de la CIPV encourage les contributions en nature pour faciliter la traduction des supports en arabe, en chinois et en russe. L’un des prochains cours en ligne qui sera publié sur le Campus portera sur la solution ePhyto de la CIPV.
Renforcer la préparation aux situations d’urgence
La CMP a également salué la publication en ligne du cours intitulé Pest emergency simulation: prevent, prepare, respond (Simulation d’urgence phytosanitaire: prévenir, se préparer, intervenir), en soulignant l’importance de cette thématique à un moment où l’on assiste à une multiplication des apparitions de foyers d’organismes nuisibles, accentuée par l’intensification du commerce, des voyages et des changements climatiques. Les délégués ont toutefois souligné la nécessité d’accroître le nombre d’exercices de simulation afin de renforcer la coordination des pays et leur préparation face aux urgences transfrontières liées aux organismes nuisibles.
L’évaluation des capacités phytosanitaires, un facteur déterminant pour l’investissement et la réforme institutionnelle
L’un des éléments essentiels relevés a été la poursuite de la mise en œuvre de l’évaluation de la capacité phytosanitaire (ECP), qui facilite les réformes et le renforcement des systèmes phytosanitaires nationaux. Les délégués ont souligné que l’ECP aide les pays à évaluer l’ensemble de leurs systèmes phytosanitaires nationaux, à recenser les lacunes systémiques et à déterminer des solutions envisageables. Grâce aux diverses ECP menées avec succès, des progrès notables ont été signalés dans plusieurs pays, dont l’Ouganda, qui a mobilisé huit millions d’EUR auprès de la Commission européenne et 5,5 millions d’USD provenant de son budget national. De son côté, le Rwanda, a reçu 200 000 USD de l’organisation TradeMark Africa, tandis que l’Éthiopie a mobilisé un million d’USD auprès du Fonds pour l’application des normes et le développement du commerce (STDF) pour son processus d’ECP. En outre, huit pays de la région du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA) ont finalisé des propositions de projets susceptibles d’être financés et fondées sur les résultats de leurs ECP, portant sur la législation, le diagnostic, la surveillance, les systèmes d’exportation et le renforcement institutionnel. Le Mali a également élaboré une stratégie nationale en matière de capacités phytosanitaires et recherche actuellement des donateurs pour faire progresser ses priorités phytosanitaires.
Pour ce qui est des futures actions à mener, la CMP a pris acte de la demande continue de soutien en matière d’ECP et a examiné des projets de modernisation de la plateforme en ligne relative à l’ECP, notamment en repensant les modules, en renforçant le réseau de facilitateurs et en étoffant le contenu technique.
Suivi et évaluation de la mise en œuvre des NIMP via l’Observatoire de la CIPV
La CMP a également examiné les progrès accomplis par l’Observatoire de la CIPV en 2025 et a approuvé son plan de travail pour 2026, qui prévoit notamment le pilotage de l’évaluation finale du Cadre stratégique de la CIPV en 2027. Une troisième enquête générale de la CIPV sera lancée courant 2026, avec le soutien financier de la République de Corée et l’appui d’un spécialiste des enquêtes et d’un responsable de programme.
Repenser les NIMP
La CMP a pris acte des progrès accomplis en matière de mise en œuvre et de renforcement des capacités, mais a également souligné la nécessité de repenser les NIMP. Les parties contractantes sont convenues de mesures concrètes pour rendre les normes plus claires, plus faciles à utiliser et plus simples à mettre en œuvre, tout en maintenant la rigueur scientifique et la précision technique. À cette fin, le Comité chargé de la mise en œuvre et du renforcement des capacités et l’Unité de la facilitation et de la mise en œuvre piloteront une étude de l’Observatoire de la CIPV en vue de recenser les besoins des pays et de recommander des améliorations afin de renforcer l’efficacité de la mise en œuvre.
Éléments du Programme de développement
L’Unité de la facilitation et de la mise en œuvre et le Comité chargé de la mise en œuvre et du renforcement des capacités ont également fait état de progrès importants concernant cinq éléments du Programme de développement du Cadre stratégique de la CIPV 2020-2030. Ces éléments ciblent certains des besoins les plus pressants à l’échelle mondiale en matière de capacités, notamment en ce qui concerne les changements climatiques et les questions phytosanitaires; l’harmonisation de l’échange électronique de données; le commerce électronique et les filières d’envois par voie postale; le renforcement des systèmes d’alerte et d’intervention en cas d’apparition de foyers d’organismes nuisibles et les directives relatives au recours à des entités tierces.
Prochaines étapes
Alors que les parties contractantes continuent d’être confrontées à des défis phytosanitaires croissants, le renforcement des capacités demeure l’un des leviers les plus puissants pour préserver la santé des végétaux, favoriser l’innocuité du commerce, et protéger la sécurité alimentaire et l’environnement. La communauté de la CIPV doit collaborer plus efficacement afin de renforcer les cadres de gouvernance nécessaires à la mise en œuvre des NIMP.