Posted on jeu, 30 Avr 2026, 13:39
© FAO/Madelene Cronje
Vienne, 24 avril 2026 – Des spécialistes internationaux de la protection des végétaux et du diagnostic ont souligné l’importance d’effectuer des diagnostics rapides et précis pour renforcer les systèmes de surveillance, permettre une détection précoce et mettre en œuvre des mesures d’intervention plus rapides et efficaces.
Lors de la Conférence de haut niveau de l’Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes (OEPP) sur le diagnostic des organismes nuisibles, qui s’est tenue du 22 au 24 avril 2026 à l’Agence autrichienne pour la santé et la sécurité sanitaire des aliments (AGES), à Vienne (Autriche), les participants ont réaffirmé le rôle essentiel des protocoles de diagnostic pour faciliter la détection précoce des organismes nuisibles, le renforcement de la coopération internationale et l’instauration d’une confiance mutuelle grâce à la transparence et à des normes techniques communes.
En l’absence de protocoles harmonisés et fiables, les laboratoires appliqueraient des critères incohérents, ce qui aurait pour effet d’accroître le risque d’erreur d’identification des organismes nuisibles, de retarder les interventions face aux apparitions de foyers et de favoriser la dissémination des organismes nuisibles d’un pays à l’autre.
Réunissant plus de 140 participants, la conférence a été l’occasion d’échanger des informations et des données d’expérience. Les débats ont porté sur l’innovation dans les technologies de laboratoire; la mise au point et la validation des analyses; la contribution du diagnostic à l’analyse du risque phytosanitaire et à l’élaboration de la réglementation; les organismes nuisibles d’apparition récente; ainsi que les initiatives transfrontalières visant à améliorer la coopération dans le domaine phytosanitaire.
Harmoniser le diagnostic des organismes nuisibles
Adriana G. Moreira, chargée de programme et responsable de l’Équipe chargée de l’intégration et de l’appui, et Marina Martino, spécialiste de l’établissement de normes phytosanitaires, représentaient le Secrétariat de la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV). Dans son exposé liminaire, intitulé Au-delà des normes: l’approche de la CIPV pour renforcer la coopération mondiale en matière de diagnostic, Mme Moreira a souligné l’importance de bien élaborer et harmoniser les diagnostics d’organismes nuisibles pour préserver la santé des végétaux à travers le monde. Elle a mis en lumière la contribution de la CIPV à l’élaboration de diagnostics des organismes nuisibles applicables à l’échelle internationale et à leur intégration dans un système opérationnel commun.
Adoptée en 2006, la norme internationale pour les mesures phytosanitaires n° 27 (NIMP n° 27)]1 constitue la pierre angulaire des travaux de la CIPV sur le diagnostic des organismes nuisibles. Le nombre croissant d’annexes qui lui sont associées – sous forme de protocoles de diagnostic portant chacune sur un organisme nuisible spécifique – fournit aux organisations nationales de la protection des végétaux (ONPV) des orientations claires sur les exigences minimales à respecter pour identifier avec précision les organismes nuisibles.
Mme Moreira a fait observer que, dans un monde de plus en plus interconnecté, les normes ne suffisent pas, à elles seules, à réduire les écarts de capacités au niveau mondial.
«Grâce à la NIMP n° 27 et à une approche intégrée englobant la recherche coordonnée, la mise en réseau des laboratoires de diagnostic et les activités de renforcement des capacités, la CIPV entend faire évoluer un paysage fragmenté en une infrastructure mondiale de diagnostic proactive et cohérente», a-t-elle déclaré.
«Notre objectif est de veiller à ce que ces protocoles soient solides et applicables par les pays, quel que soit leur niveau de capacités, afin de disposer d’un socle favorisant la coopération internationale et la confiance dans le domaine phytosanitaire», a indiqué pour sa part Mme Martino.
En conséquence, le principal organe directeur de la CIPV – la Commission des mesures phytosanitaires (CMP) – a approuvé en 2023 la création du Groupe de réflexion de la CMP sur le réseau de laboratoires de diagnostic, chargé de concevoir un réseau mondial de services de laboratoire et de protocoles de diagnostic afin de limiter les doublons et d’améliorer la précision des diagnostics. Un appel à documents de travail sur des thèmes pertinents a été lancé, et la date limite de soumission des documents a été fixée au 22 mai 2026. En mars 2026, la CMP a pris note de l’adoption de deux protocoles de diagnostic en tant qu’annexes à la NIMP n° 27: le protocole de diagnostic 35 sur Meloidogyne mali et le protocole de diagnostic 36 sur le genre Pospiviroid, qui viennent compléter la série de protocoles de diagnostic de la CIPV mise à la disposition des pays.
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| © FAO/Marina Martino Adriana G. Moreira (au centre) et Marina Martino (à droite), avec le personnel du Secrétariat de l’OEPP | Nico Horn (à gauche), responsable de l’OEPP, et Adriana G. Moreira (à droite), chargée de programme à la CIPV, pendant la conférence |
Charlotte Trontin, spécialiste des questions scientifiques à l’OEPP, a fait observer que les nouvelles méthodes de diagnostic progressent rapidement, mais que certains problèmes majeurs subsistent, notamment en ce qui concerne la validation des méthodes de diagnostic, la disponibilité de matériels de référence et les programmes d’essais d’aptitude, autant d’éléments indispensables pour garantir que ces outils soient faciles à utiliser par les inspecteurs et les techniciens.
La Conférence de l’OEPP a souligné qu’il est essentiel de préserver et de valoriser les compétences liées aux méthodes classiques de diagnostic, car celles-ci demeurent, pour de nombreux utilisateurs, les plus faciles à mettre en œuvre. Les participants ont également souligné l’importance d’améliorer la communication entre les laboratoires et de renforcer les partenariats et les réseaux, conformément à l’approche mondiale et au plan de travail de la CIPV.
Autres initiatives de la CIPV visant à renforcer la coopération mondiale en matière de diagnostic
Le Secrétariat de la CIPV soutient aussi les activités de diagnostic par l’intermédiaire du Campus de la CIPV sur la santé végétale, qui fournit des orientations techniques sur la surveillance, la détermination de la situation des organismes nuisibles, ainsi que sur la prévention, la préparation et les interventions, notamment en ce qui concerne le diagnostic de la race tropicale 4 (TR4) de la fusariose du bananier. En outre, l’approche adoptée par la CIPV pour coordonner au niveau mondial les recherches dans le domaine phytosanitaire, le Système d’alerte et d’intervention en cas d’apparition de foyers d’organismes nuisibles (SAIFON) et le Programme phytosanitaire pour l’Afrique (PPA) contribuent à mieux intégrer le système mondial de diagnostic, à le fonder davantage sur des données scientifiques et à accroître sa résilience.
La CIPV et l’OEPP: des partenaires au service de la santé des végétaux
Dans le cadre de la CIPV, l’OEPP agit en tant qu’organisation régionale de la protection des végétaux pour l’Europe. Elle conduit les initiatives internationales visant à prévenir l’introduction et la dissémination des organismes nuisibles, promeut l'harmonisation de la réglementation phytosanitaire, et contribue à moderniser les méthodes de protection des végétaux ainsi que les services d’information sur la santé des végétaux. Les deux organisations ont également collaboré à l’élaboration de protocoles de diagnostic et à la promotion de la Journée internationale de la santé des végétaux, célébrée le 12 mai. Par ailleurs, l’OEPP accueillera en juin 2026 la première réunion du Groupe de réflexion de la CMP sur le réseau de laboratoires de diagnostic. Fondée en 1951 par 15 pays européens, l’OEPP compte aujourd’hui 52 membres dans la région européenne et méditerranéenne et célèbre en 2026 son 75e anniversaire.
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